Comment bien investir en bourse : les 10 meilleures stratégies

Comment bien investir en bourse ? Comment investir en bourse sans risque ? Nous verrons dans cet article que cela n’est pas si dur que cela, à condition de diversifier ses actifs :

  • Trop de diversification signifie en général une faible performance
  • Trop peu de diversification signifie en général un fort risque

Nous allons donc, dans ce guide, analyser quelques unes des meilleures stratégies d’allocation.

La stratégie 60/40

Les deux actifs les plus populaires sont les actions et les obligations :

  • Les actions sont des parts d’entreprise
  • Et les obligations sont l’équivalent d’un titre de créance envers un Etat par exemple

Le gros avantage d’avoir un portefeuille combinant les actions et les obligations est la non-corrélation de ces actifs. D’une manière générale, quand l’un des deux actifs montent, l’autre descend. Quand le second descend, l’autre monte.

Le portefeuille le plus basique qui soit est donc composé de :

  • 60% d’actions
  • 40% d’obligations

Pourquoi 60% d’actions ? Car c’est l’actif le plus performant. Les 40% d’obligations servent à se protéger dans les mauvaises années.

Voici donc la performance des obligations (Bonds) seules, des actions (Stocks) seules et du portefeuille 60/40.

Pour information, tout au long de ce guide, j’utiliserai les données du marché américain pour la simple et bonnes raisons que les données historiques de ce marché sont BEAUCOUP plus faciles à trouver que celle du marché français par exemple. Mais d’une manière générale, on observe beaucoup de similarités entre tous les marchés des pays développés.

60-40-tableau

A noter que les données du tableau sont « real », c’est-à-dire après inflation. L’inflation a beaucoup varié en 100 ans, c’est donc plus logique de prendre les données après inflation.

Voici à quoi correspond chaque ligne :

  • Returns = Performance annuelle moyenne de l’actif
  • Volatility = Volatilité d’un actif, c’est à dire l’ampleur de ses mouvements. Plus ce chiffre est grand, plus l’actif connait de grandes variations.
  • Sharpe = C’est un indicateur de rentabilité. Plus ce chiffre est élevé et plus le rapport risque/performance est bon.
  • Max Drawdown = C’est la différence entre le point le plus haut atteint par l’actif et le point le plus bas atteint ensuite. Si vous ne vendez pas au pire moment, ce drawdown est purement fictif.

En regardant les chiffres, nous voyons immédiatement que le portefeuille 60/40 fait considérablement diminuer le risque mais fait également diminuer la performance par rapport au portefeuille 100% actions.

60-40-graphique

Sur le graphique ci-dessus, la ligne rouge représente le SP500 qui est le principal indice-actions américain.

Alors pourquoi ne pas s’arrêter là et simplement utiliser le portefeuille 60/40 ? La raison principale est le max drawdown très élevé. Le cerveau humain est fait pour être affecté beaucoup plus par les pertes (même si elles sont virtuelles) que les gains (même s’ils sont réels).

Si vous investissez 10 000€ et que quelques années plus tard, votre portefeuille vaut 100 000€, vous serez très content. Mais si votre portefeuille redescend virtuellement, pendant une année, à 50 000€, vous aurez envie de tout abandonner au moment où votre portefeuille s’apprête à revenir à 100 000€.

C’est ça le max drawdown et c’est cela que nous souhaitons optimiser : ne pas gagner trop les bonnes années pour ne pas perdre trop les mauvaises années pour avoir une performance la plus lisse possible.

Le permanent portfolio

Ce portefeuille est probablement le portefeuille le plus connu. Il a été inventé par Harry Browne dans les années 80 et est très simple à comprendre :

  • Actions 25%
  • Obligations 25%
  • Or 25%
  • Bons du trésor 25%

Je pense que j’ai pas besoin d’expliquer ce qu’est l’or, qui est un actif qui sert de valeur refuge en cas de crise économique.

Les bons du trésor sont l’équivalent d’obligations émis par les Etats à très court terme (< 1 an), c’est un actif très stable mais très peu performant.

permanent-portfolio-tableau

A noter que les performances données ici sont « nonimal », à savoir avant inflation. D’où l’écart de performance avec les données du portefeuille 60/40. Je présenterai les performances de tous les portefeuilles en nominal et en réel à la fin de ce guide d’investissement.

permanent-portfolio-graphique

La performance est bonne : +8,53% par an et le drawdown maximal est faible : -12,74%. C’est là toute la magie de la diversification, on a les avantages sans les inconvénients.

La critique je ferais de ce portefeuille est la forte pondération à l’or. Certains veulent toujours avoir de l’or dans leur portefeuille, d’autres non. Moi, je fais plutôt partie de la deuxième catégorie, je n’ai jamais été « fan ». Nous verrons que dans la plupart des autres portefeuilles, l’or est beaucoup moins présent.

Le portefeuille Global Market

Une stratégie peu connue mais efficace consiste à additionner la valeur totale de tous les actifs dans le monde et à déterminer la part de chaque actif dans cette valeur totale.

On a alors un portefeuille qui recopie la composition du marché des actifs dans sa totalité.

Voici à quoi ressemble la composition de ce portefeuille :

  • Actions USA : 20%
  • Actions pays développées hors USA : 15%
  • Actions pays émergents : 5%
  • Obligations d’entreprise : 22%
  • Obligations USA 30 ans : 15%
  • Obligations des pays étrangers 10 ans : 16%
  • TIPS (obligations de court-terme dont la valeur est liée à l’inflation) : 2%
  • Immobilier : 5%

Voici les performances avant inflation :

portefeuille-global-market-tableau

Les performances du portefeuille GMP (Global Market  Portfolio) sont supérieures aux performances du permanent portfolio mais le risque l’est aussi.

portefeuille-global-market-graphiqueLe portefeuille Rob Arnott

Rob Arnott est l’auteur du livre The fundamental Index : A better way to invest. Il est également le présent de Research Affiliates, un fond d’investissement qui teste de nouvelles stratégies.

Il a proposé un portefeuille type :

  • Actions USA : 10%
  • Actions pays développées hors USA : 10%
  • Obligations d’entreprise : 20%
  • Obligations USA 30 ans : 10%
  • Obligations des pays étrangers 10 ans : 20%
  • TIPS (obligations de court-terme dont la valeur est liée à l’inflation) : 10%
  • Matières premières : 10%
  • Immobilier : 10%

Voici les performances avant inflation :

rob-arnott-tableau

Et le graphique correspondant :

rob-arnott-graphique

Le portefeuille Marc Faber

Marc Faber est un économiste suisse, il a lui aussi proposé une allocation type :

  • Actions USA : 13%
  • Actions pays développées hors USA : 8%
  • Actions pays émergents : 4%
  • Obligations USA 10 ans : 25%
  • Or : 25%
  • Immobilier : 25%

Avec 25% d’or, ce portefeuille se rapproche énormément du permanent portfolio. On y retrouve également une forte part d’immobilier.

Voici les performances avant inflation :

marc-faber-tableau

Et le graphique correspondant :

marc-faber-graphique

Les portefeuilles Yale et Harvard

Ces 3 portefeuilles : Swensen, El-Erian and Ivy viennent des gestionnaires de fortune des grandes université comme Harvard ou Yale. Ce sont trois portefeuilles qui se ressemblent fortement, c’est pourquoi j’ai décidé de les regrouper ici :

IvyEl-ErianSwensen
Actions USA20%18%20%
Actions Pays développés20%18%20%
Actions Pays émergeant15%10%
Obligations USA 10 ans20%
Obligations USA 30 ans6%15%
Obligations étrangers 10 ans11%
TIPS6%15%
Matières premières20%13%
Immobilier20%13%20%

Voici les performances avant inflation :

harvard-tableau

Et les graphiques correspondant :

harvard-graphique

La stratégie Warren Buffett

Warren Buffett, dans sa lettre aux investisseurs de 2013, recommandait une répartition de 90% actions et de 10% obligations long terme. Comme vous pouvez vous en douter, la performance est très similaire à un portefeuille 100% actions :

warren-buffett-tableau

Le graphique correspondant :

warren-buffett-graphique

Le portefeuille All seasons/weathers

Je ne vous le cache pas, ce portefeuille est mon préféré et a selon moi le meilleur rapport risque/performance.

Il a été créé par Ray Dalio, le fondateur du Hedge Fund Bridgewater Associates.

Voici l’allocation proposée :

  • Actions USA : 21%
  • Actions pays développées hors USA : 6%
  • Actions pays émergents : 3%
  • Obligations USA 10 ans : 15%
  • Obligations USA 30 ans: 40%
  • Matières premières : 7,5%
  • Or :  7,5%

Voici les performances avant inflation :

all-seasons-tableau

Et le graphique correspondant :

all-seasons-graphique

Comparaison de toutes les stratégies

Le premier tableau celui un tableau synthétique, lequel des portefeuilles a le plus d’actions (stock), lequel a le plus d’obligations (bonds) et lequel a le plus d’actifs réels (Real Assets) :

allocation-generale

Voici maintenant un graphique synthétique de tous les portefeuilles :

graphique-synthetique

Si on exclut le portefeuille El-Erian (le plus performant) et le permanent portfolio (le moins performant), tous les portefeuilles offrent quasiment la même performance.

Les performances de chaque portefeuille avant et après inflation :

tableau-synthese

Les performances annuelles (avant inflation) de chaque portefeuille de 1973 à 2013 :

tableau-annees-apres-annees

Comment mettre ces portefeuilles en pratique ?

La solution recommandée est d’acheter des ETFs (ou trackers). Ces fonds indexés à faibles frais recopient des indices actions/obligations. Vous n’avez pas besoin d’acheter 100 actions USA, il vous suffit d’acheter un seul ETFs Actions USA.

Pour trouver les ETFs, je vous recommande le site de Morningstar.

Si vous voulez gagner du temps, voici quelques recommandations d’ETFs pour chacun des actifs :

  • Actions USA : VTI, SPY
  • Actions pays développées hors USA : VEA, EFA
  • Actions pays émergents : EEM, VWO
  • Bons du trésor : BIL, SHV
  • Obligations d’entreprise : VCIT, ITR
  • Obligations USA 30 ans : TBT, TLT
  • Obligations USA 10 ans : IEF, BIV
  • Obligations des pays étrangers 10 ans : BWX, IGOV
  • TIPS (obligations de court-terme dont la valeur est liée à l’inflation) : TIP, VTIP
  • Matières premières : DBC, DJP, GSG
  • Or : GLD, IAU
  • Immobilier : VNQ, IYR

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