Bitcoin, crypto-monnaie : Faut-il investir ?

Dans cet article, je vais vous indiquer pourquoi il est intéressant d’investir dans une crypto-monnaie comme le bitcoin, auprès de qui l’acheter et comment ouvrir un compte en crypto-monnaie.

La multiplication par 10 du cours du Bitcoin au cours de l’année 2017, passant de 1000 dollars à 10000 dollars,  a de quoi susciter l’intérêt des investisseurs. Beaucoup d’épargnants s’interrogent sur la sérieux de cette « pseudo-monnaie », dont le cours flambe puis s’effondre, et se demandent si elle constitue une réelle opportunité d’investissement.

Les déclarations des banquiers, premiers acteurs concernés par l’apparition de cette  monnaie concurrente, sont fortement divergentes : Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan, l’une des banques les plus puissantes du monde, a déclaré le mardi 12 septembre 2017 que le bitcoin est une escroquerie, une « fraude qui va exploser en plein vol ».

Par contre, Llyod Blankein, le PDG de Goldman Sachs, répond que « la population était aussi très sceptique quand la monnaie fiduciaire a remplacé l’or » et envisage d’ouvrir une salle de marché consacrée au Bitcoin et aux autres  « crypto-monnaies » en réponse aux nombreuses demandes de ses clients.

Le Bitcoin atteint  déjà une capitalisation de presque 200 milliards de dollars. Il se développe fortement et est de plus en plus accepté comme moyen de paiement et comme valeur refuge. Mais il n’est que la face émergée de ce nouveau phénomène. Il existe beaucoup d’autres monnaies qui commencent à le concurrencer comme l’ether, le dash, le monero ou le ripple. On compte aujourd’hui plus de 1000 crypto-monnaies et le Bitcoin ne représente plus que 40% de ce nouveau marché qui explose.

Les crypto-monnaies forment un monde étrange et fascinant dans lequel le non-initié a du mal à s’y retrouver. Internet, au début des années 90, a révolutionné la communication avec les pages en HTML échangeables grâce à des adresses URL via le protocole HTTP. Les crypto-monnaies sont dans le prolongement de ce nouvel univers : nouvelles technologies informatiques, indépendance par rapport au pouvoir politique, nouvelles utilités apportées aux consommateurs.

Pour saisir le sens de cette révolution en marche, commençons par mieux comprendre mieux ce qu’est une crypto-monnaie et ce qui les différencie des monnaies traditionnelles. Nous  comparerons ensuite  les 10 principales crypto-monnaies pour mieux les connaître et savoir si elles constituent réellement une opportunité d’investissement. Enfin, nous indiquerons la démarche concrète à suivre pour investir dans ces monnaies.

Sommaire de l'article :

Les crypto-monnaies sont-elles de bons investissements ?

Qu’est-ce qu’une Crypto-monnaie ?

C’est une monnaie électronique

La première caractéristique d’une crypto-monnaie est d’être complétement et uniquement électronique. Elle n’existe que sur réseau informatique. Autrement dit, si vous ne possédez pas d’ordinateur, de tablette ou de téléphone portable, vous n’avez pas accès à ce type de monnaie.

Les monnaies traditionnelles comme l’euro existent sous forme de billet ou de pièce, ce qui n’est donc pas le cas pour les crypto-monnaies. Mais il faut savoir que les monnaies traditionnelles sont de plus en plus dématérialisées. Ainsi, quand vous faites un virement, vous transférez électroniquement une somme d’argent d’un compte à un autre. Il en est de même pour les prélèvements. Les pièces et les monnaies ne représentent plus que 15% de la monnaie en circulation.

Une seconde différence tient à la nature même de la monnaie. Les monnaies traditionnelles sont principalement des écritures sur des comptes tenus par des banquiers. Un virement consiste donc à passer une écriture sur un compte en débit et à passer la même écriture, en sens inverse, en crédit, sur le compte de la banque qui reçoit l’argent.

Les crypto-monnaies sont des codes informatiques, des programmes, qui sont envoyés d’un ordinateur à un autre. C’est la raison pour laquelle ce sont des monnaies 100% électronique.

C’est une monnaie infalsifiable, « cryptée »

Les monnaies traditionnelles, en particulier les billets, peuvent être imitées par des faussaires. Chaque année, entre 500 000 et 1 million de faux billets libellés en euros sont retirés de la circulation. Ce sont surtout des billets de 50 € et le tout représente des sommes importantes.

Les crypto-monnaies, comme leur nom l’indique, sont des monnaies cryptées et le cryptage s’effectue principalement sous forme de « blockchain », c’est-à-dire sous forme de base de données qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée. Elle est partagée par ses différents utilisateurs, ce qui leur permet de vérifier la validité de la chaîne.

Si la blockchain est publique (certaines peuvent être privées), c’est un grand livre comptable que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire avec l’accord des autres mais impossible à effacer et indestructible.

Pour se protéger des contrefaçons, la monnaie nouvellement créée, le nouveau block, doit faire la démonstration d’une « preuve de travail » pour être validé par les autres utilisateurs. Une preuve de travail est un codage, une résolution de problèmes algorythmiques, qui demande beaucoup de temps et d’énergie pour le créateur mais qui est facilement vérifiable par un tiers.

Ainsi, sur la blockchain, si l’on veut modifier une transaction, il faut la changer en même temps sur tous les ordinateurs du réseau, ce qui est impossible.

C’est une monnaie décentralisée.

Notre  système monétaire actuel est centralisé : tous les acteurs du système font confiance à un arbitre identifié et connu de tous qu’est la banque et au-dessus, la banque centrale. C’est cette entité qui valide les changements de fonctionnement et les transactions.

Ainsi, toutes les banques commerciales comme le crédit agricole ou la Société générale peuvent créer autant de monnaie qu’elles le souhaitent (monnaie scripturale, sous forme d’écritures en compte) sous le contrôle de la banque centrale qui régule par différents moyens cette création, en particulier par la fixation du taux d’intérêt à court terme. La banque centrale a gardé, quant à elle, le monopole de la création des billets de banque.

Dans un système monétaire décentralisé, il n’y a pas d’arbitre. La monnaie repose sur un réseau informatique où chacun des utilisateurs joue le rôle à la fois de serveur et de client. C’est ce que l’on appelle un système de pair à pair (ou P2P).

Le système est géré de manière partagée par tous les utilisateurs du système qui valident (ou pas) toutes les décisions : c’est la règle du consensus. Pour qu’il y ait un changement de fonctionnement ou une transaction, il faut l’accord (bien souvent tacite) de tous.

Dans ce système, n’importe qui peut créer de la monnaie. Avec un ordinateur performant et beaucoup d’électricité, certains participants du système, les « mineurs », créent de la nouvelle monnaie, des « blocs », qui sont intégrés à la block Chain et vérifiés par tous les utilisateurs du système. La création est longue et difficile mais par contre la vérification est simple. Tous les participants acceptent la création de ce nouveau bloc dès lors que le « mineur » a fait la preuve du travail effectué.

Plus la monnaie est connue, plus sa fabrication est couteuse puisqu’il faut des ordinateurs puissants et une consommation d’électricité toujours plus élevée pour rajouter des blocs à ceux existant. Il y a donc une autorégulation du système : la création monétaire est limitée de par la nature même de la monnaie.

Dans ce système décentralisé et autorégulé, dans lequel chacun peut fabriquer de la monnaie, les banques n’ont plus leur place. On comprend alors pourquoi elles sont très réticentes à reconnaitre les crypto-monnaies : elles perdent leur pouvoir de création de monnaie et donc des sources de profit.

C’est une monnaie publique rendue anonyme

Par nature, chaque bloc comprend plusieurs transactions avec mention de l’adresse électronique du compte émetteur et receveur ainsi que le montant de la transaction. Toutes les transactions sont enregistrées dans un registre public permanent, permettant à quiconque de voir l’historique entier de chaque crypto-monnaie et toute l’activité du compte. Cette transparence qui garantit la validité des transactions, permet également de savoir si la crypto-monnaie est passée par des mains sales. La monnaie en elle-même n’est pas anonyme.

Toutefois, cette information est cryptée et cachée aux yeux des autorités publiques. C’est la raison pour laquelle certains affirment que ce type de monnaie est surtout utilisé pour des activités criminelles. Mais cet anonymat, comme tout cryptage, peut avoir des failles et être dévoilé par des « hackeurs ».

C’est une monnaie généralement déflationniste

Les monnaies traditionnelles sont des monnaies inflationnistes. Quand la banque centrale fait fonctionner sa « planche à billet », elle augmente la monnaie en circulation. Les agents possédant plus de monnaie sont incités à consommer plus et donc à augmenter leur demande de biens. Si la production de biens n’augmente pas ou si elle augmente avec retard, le prix des biens augmente selon la loi de l’offre et la demande. Avec la même quantité de monnaie, l’agent ne peut plus acheter la même quantité de biens : la monnaie a perdu de son pouvoir d’achat, de sa valeur. Pour résumer, quand la quantité de monnaie augmente, sa valeur diminue.

Il en est autrement pour la plupart des crypto-monnaies : plus elle se développe, plus la blockchain s’allonge, plus il est coûteux de créer de la nouvelle monnaie. Par exemple, la quantité de Bitcoin émis est divisée par 2 tous les 4 ans, jusqu’à l’an 2140 date à laquelle il ne sera plus possible d’émettre de nouveaux Bitcoins. La valeur des crypto-monnaies est donc vouée à monter sur le long terme car elles seront de plus en plus coûteuses à fabriquer et donc de plus en plus rares. A sa création en 2009, un Bitcoin valait un dollar. Aujourd’hui (fin 2017), il vaut plus de 10000 dollars.

C’est une monnaie d’échange

Comme n’importe quelle monnaie traditionnelle comme l’euro ou le dollar, les crypto-monnaies permettent l’achat de biens et de services. Etant des monnaies décentralisées et échappant donc à toute régulation, elles ont longtemps été l’apanage de transactions illégales.

Elles tendent toutefois à se défaire de leur mauvaise réputation en se démocratisant et en attirant un public de plus en plus large. Pour acheter des crypto-monnaies, la plupart des  brokers et des plateformes d’échange pratiquent la procédure KYC (Know your Customer) et demandent des justificatifs d’identité. C’est d’ailleurs à la rigueur pratiquée dans cette procédure que l’on reconnait les brokers sérieux.

Les crypto-monnaies permettent d’acheter de nombreux biens de consommation sur internet : Showroomprivé.com, overstock.com, Shopify.com sont des sites généralistes acceptant le paiement en bitcoin. Payer des biens de la vie courante chez des commerçants physiques s’avère plus difficile mais pas impossible. Par exemple, les Ethers servaient à acheter les œuvres d’art exposées à La Compagnie dans le dixième arrondissement à Paris au printemps 2017. Voici le site qui répertorie toutes les adresses : http://coinmap.org

C’est une monnaie qui sert à financer le développement de start-ups informatiques

Certaines start-ups informatiques émettent une crypto-monnaie pour se financer par l’intermédiaire d’une ICO (Initial Coin Offering). Une ICO est un mix entre une introduction en bourse classique et une campagne de financement participatif. C’est un nouveau mode de financement qui a explosé en 2017.

Une ICO est une levée de fonds en crypto-monnaie. La société émet des actifs numériques (tokens) échangeables contre une crypto-monnaie (bien souvent le Bitcoin ou l’Ether). Le particulier échange sa crypto-monnaie contre les tokens émis. Pour le particulier, ces tokens ne représentent pas une part de société mais un droit à utiliser le service créé. Pour l’entreprise, ces tokens permettent de financer le développement d’applications décentralisées qui fonctionnent sur un protocole block Chain spécifique, comme par exemple Bitcoin ou Ethereum.

Ainsi, Kik, application de messagerie concurrente de Whatsapp a levé 98 millions de dollars, Filecoin, service de stockage cloud décentralisé, a levé 230 millions ou encore Tezos, 232 millions. Au total, en 2017, les ICO ont permis de lever 2.6 milliards de dollars (novembre 2017)

Il est à noter que la nature juridique des tokens est actuellement incertaine et certains pays, comme la Chine ou la Corée du sud les a interdits. En France, l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) devrait bientôt prendre position. Toutefois ce marché émergent est en voie de structuration. En France, un label a vu le jour, icoTRUXT, permettant de donner aux investisseurs des garanties sur les ICO, en termes d’information et les promesses d’usage des tokens.

4 grandes raisons d’investir dans les crypto-monnaies

Faut-il investir dans ces nouvelles monnaies ?

Ce qui peut rebuter les investisseurs, c’est que ces monnaies ne sont pas légales, qu’elles ne sont pas reconnues par le monde de la finance, que leur valeur ne serait basée que sur un schéma de Ponzi et qu’elles ne présenteraient pas de véritable utilité.

Bref, ces monnaies seraient juste un effet de mode passager, une bulle qui va éclater au visage des plus crédules.

Ces arguments avancés par certains ne résistent pourtant pas à l’examen.

Les crypto-monnaies sont en voie de reconnaissance par les Etats

Nombreux sont les pays qui légalisent l’usage des crypto-monnaies ou du moins en accepte la possession en taxant les plus-values réalisées. Même plus, certains pays songent à créer leur propre crypto-monnaie.

Au printemps 2017, le Japon reconnaît  le Bitcoin comme monnaie légale (loi de novembre 2016). La loi japonaise décrit les modalités d’ouverture de compte en bitcoin et encadre la profession de broker en bitcoin et autres crypto-monnaies. Les japonais peuvent désormais utiliser le bitcoin comme moyen de paiement dans les commerces.

En Inde, le comité du gouvernement s’est prononcé au mois de juin 2017 en faveur de la règlementation du Bitcoin. Un groupe de travail a été constitué afin de créer divers cadres règlementaires dans le but de légaliser à court terme le Bitcoin.

Alors que les crypto-monnaies étaient interdites en Russie, le gouvernement veut désormais les encourager et prévoit de légaliser leur possession en 2018. La Russie a annoncé également la création de sa propre crypto-monnaie, le crypto-rouble. Ce sera une monnaie contrôlée par l’Etat et échangeable contre le rouble sans frais.

Les Etats-unis, deuxième marché boursier du Bitcoin derrière le Japon, songent également à unifier le cadre règlementaire des plateformes de négociation de crypto-monnaies. En septembre 2015, la Commodoty Futures Trading Commission (CFTC) a officiellement déclaré que le Bitcoin entrait dans la catégorie des matières premières, ce qui était un premier pas vers la régulation des monnaies virtuelles. C’est d’ailleurs dans ce pays qu’a été installé le premier distributeur automatique de Bitcoins, à Austin, dans le Texas, en 2014. Aujoud’hui, le fisc américain considère les crypto-monnaies comme un bien immatériel et l’assujettit à l’impôt sur les gains en capital.

En Chine, si la création d’une crypto-monnaie étatique n’est pas encore officielle, la Banque centrale chinoise serait en phase de test pour en créer une, selon Technology Review, un magazine appartenant au Massachussets Institute ot Technology (MIT). Pays plutôt autoritaire, la Chine a en revanche interdit les ICO.

L’Australie reconnait le Bitcoin comme moyen de paiement légal et le traite comme monnaie sur le plan fiscal depuis juillet 2017. La société australienne Stargroup va équiper ses 2900 guichets automatiques d’une technologie permettant d’échanger des Bitcoins contre des dollars australiens.

En Allemagne, le fisc applique le régime des plus-values mobilières sur le Bitcoin et le considère donc comme un titre financier.

La Suisse, pays décentralisé par excellence sur le plan politique avec ses 26 cantons possédant leur propre constitution, est en test sur le Bitcoin. La ville de Zoug, située au sud de Zurich, accepte le Bitcoin comme moyen de paiement pour ses services publics. Il est à souligner que cette ville possède 30000 habitants et 30 000 entreprises, dont beaucoup de holdings de grandes sociétés. Elle souhaite devenir une « crypto-vallée » accueillant les start-up dans ce domaine.

L’Estonie, pays balte le plus avancé en matière de services numériques aux citoyens, envisage de créer sa propre crypto-monnaie , l’estcoin . Il faut rappeler que l’Estonie appartient à la zone Euro. Cela signifie qu’une crypto-monnaie concurrencerait l’euro dans ce pays.

Les crypto-monnaies sont en voie de reconnaissance par le monde de la finance

Le monde des banques et de la finance est sceptique sur l’avenir des crypto-monnaies qui sont considérées, à leurs yeux, comme monnaie utilisée pour des activités illicites  parce qu’elles échappent à toute forme de contrôle des autorités.

Toutefois, des initiatives ici et là montrent la prise en considération grandissante du monde financier.

Ainsi le Chicago Mercantile Exchange Group (CME Group), la plus importante bourse mondiale d’échange de marché à terme, vient d’annoncer son intention de lancer des contrats à terme en Bitcoins en décembre 2017. Depuis 2016, cette plateforme boursière calcule un taux de change de référence, le BRR (Bitcoin Référence Rate) en agrégeant les flux des principales places où s’échange le Bitcoin (Bitstamp, GDAX, itBit et Kraken).

Autre exemple, Goldman Sachs songe à créer une équipe de traders dédiée aux crypto-monnaies et ferait ainsi le pari que le Bitcoin va devenir un moyen de paiement banal et non pas simplement un actif d’épargne. Ce sont des clients institutionnels comme des fonds d’investissement, des assureurs, des grandes entreprises, qui lui ont fait la demande d’effectuer des achats de Bitcoins en leur nom.

La Barclays, le Crédit suisse, la Canadian Impérial Bank of Commerce, HSBC, MUFG et State Street développent actuellement une nouvelle crypto-monnaie, l’USC (Utility Settlement Coin) qui sera lancée fin 2018.

La banque citigroup planche sur les usages commerciaux des monnaies virtuelles et de la block Chain.

Parallèlement aux banques, des fonds d’investissement se tournent vers ce nouveau marché.

Ainsi un ancien trader de Fortress Investment Group est en train de créer un hedge fund de 500 millions de dollars afin d’investir dans les crypto-monnaies.

Bitwise AM, une start-up basée à San Francisco a déposé une demande d’enregistrement d’un fonds indiciel de Bitcoin.

Certains fonds d’investissement se sont spécialisés dans le financement par blockchain, comme outlier Ventures ou HyperChain Capital.

Les investisseurs institutionnels sont également attirés par ce type d’investissement.

Ainsi le fonds d’investissement Rothschild a commencé à investir dans les Bitcoins par l’intermédiaire de la structure d’investissement américaine GBTC (Bitcoin Investment trust).

Un fonds suisse règlementé, Crypto Fund, est en cours de préparation. Cet ETF reproduira passivement l’indice CCI30 qui regroupe les 30 crypto-monnaies possédant les plus importantes capitalisations. Il a pour ambition affiché de récolter 3 milliards avant 3 ans. Il ne sera pas coté et s’adressera uniquement à des investisseurs qualifiés. Les discussions sont en cours avec la Finma, l’autorité suisse des marchés financiers.

Le marché des crypto-monnaies est en développement

Le marché des crypto-monnaies est évalué à 400 milliards de dollars (novembre 2017). Il est particulièrement actif : on estime à plus de 3.5 milliards de dollars les volumes échangés chaque jour sur les 10 premières crypto-monnaies.

Et si le Bitcoin est la crypto-monnaie la plus connue, sa part de marché est en constante diminution et n’en représente pas plus de la moitié.

Selon une étude du Cambridge Centre for Alternative Finance de 2017, entre 3 et 6 millions de personnes utilisent une crypto-monnaie dans le monde. Même si plus de 100000 sites internet, comme Expedia ou showroomPrivé acceptent les monnaies virtuelles comme moyen de paiement, la plupart des particuliers les utilisent avant tout pour investir. En effet, ces monnaies sont certainement actuellement plus un actif financier qu’un moyen de paiement. Toutefois, le Bitcoin est de plus en plus accepté chez les commerçants physiques (voir la liste des commerçants sur https://coinmarketcap.com).

L’industrie des crypto-monnaies  (fabrication, trading) regroupe 1900 personnes travaillant à temps plein, situées en Asie-Pacifique (38%) et en Amérique du Nord (36%). Les revenus miniers (les pools de minage situés principalement en Chine et également aux Etats-unis) sont de 786 millions en 2016, en constante progression.

Les crypto-monnaies sont également de plus en plus utilisées par des entreprises qui cherchent des financements, comme alternative à la bourse. Au lieu de lever des fonds par une introduction en bourse, certaines entreprises émettent leur propre monnaie et la vendent aux enchères grâce à une ICO (Initial Coin Offer). Il n’est pas besoin de remplir un prospectus d’une centaine de pages et de respecter les exigences de la SEC ( Securities and Exchange Commission). Depuis le début de l’année 2017, 170 entreprises ont ainsi levé 2.3 milliards de dollars en ICO.

Les crypto-monnaies sont des placements dans des technologies prometteuses

Investir dans les crypto-monnaies revient à investir dans les nouvelles technologies. La technologie innovante de la blockchain, utilisée par la plupart des crypto-monnaies,  va révolutionner le monde de demain.

Les exemples sont nombreux : pour les chaînes logistiques, chaque étape de la fabrication pourra être inscrite dans une blockchain, depuis sa production jusqu’au lieu de consommation, sans aucune possibilité de fraude. Seront ainsi améliorés la tracabilité alimentaire, le transit martitime, le commerce du diamant, des vins, des médicaments, dans lesquels les procédures sont complexes et les fraudes nombreuses.

Un autre exemple : Arcade city est une plateforme de covoiturage basée sur la blockchain. C’est un système décentralisé dans lequel chauffeur et passager décident eux-mêmes du prix au contraire d’Uber qui impose les prix et prélève une commission. L’objectif est qu’en 2020, les chauffeurs soient propriétaires à 100% d’Arcade City… et que l’entreprise Uber soit absorbée ! Arcade City va opter pour le système Ethereum (voir la monnaie l’Ether ci-dessous).

Conclusion

Faut-il investir dans les crypto-monnaies ? La réponse est oui.

Ce sont sans nul doute des placements volatils (en une journée, plus ou moins 20% de sa valeur) et à haut risque. Une bulle spéculative semble se former car beaucoup de nouveaux arrivants se précipitent dans l’optique de gains rapides sans comprendre les fondamentaux de cette nouvelle classe d’actifs.

L’investissement doit être limité, car cette économie est jeune et le marché de certaines crypto-monnaies peut s’avérer peu liquide. L’investissement doit être réalisé dans une optique de diversification et correspondre à l’argent que l’on est prêt à perdre : plus le potentiel de gain est élevé, plus le risque de perte l’est aussi.

Mais ce sont des actifs qui dessinent le nouveau monde de demain et qui constituent des placements prometteurs. Une nouvelle fondation technologique basée sur la block Chain est en train d’émerger et de modifier la manière dont nous possédons l’information et la stockons, à l’instar de la technologie internet.

Les nouveaux Google, Facebook, eBay, Amazon de demain s’appelleront peut-être Ethereum, Ripple, Nem ou Iota.

Quelles crypto-monnaies choisir ?

Il existe un grand nombre de crypto-monnaies dont le nombre est difficile à chiffrer tant certaines voient le jour rapidement pour disparaître tout aussi rapidement : plusieurs milliers sans doute.

Nous avons choisi de n’étudier que les 10 monnaies les plus importantes en termes de capitalisation à la date du mois de novembre 2017. Ce sont des monnaies déjà installées sur le marché et qui ont une certaine notoriété, même si cela ne présage en rien de leur pérennité. Elles offrent tout de même un gage de sérieux.

Ces monnaies peuvent être regroupées en deux catégories : les crypto-monnaies-devises et les crypto-monnaies-actifs financiers

Les 5 meilleures crypto-monnaie-devises

Les cinq crypto-monnaies-devises étudiées, le Bitcoin, le Bitcoin Cash, le Litecoin, le Dash et le Monero se veulent des monnaies universelles, des nouvelles devises concurrençant les monnaies traditionnelles comme le dollar ou l’euro.

Elles ont été créées en raison de la perte de confiance qu’inspirent les monnaies traditionnelles. En effet, après la crise de 2008, afin de relancer l’économie, des politiques monétaires accommodantes (opérations de quantitative easing)  ont été menées par les banques centrales à travers le monde consistant à une création monétaire sans précédent.

Leur création obéit également à un idéal libertaire : les développeurs souhaitent créer une monnaie qui échappe totalement à la surveillance des Etats et des banques qui, d’après eux, veulent instaurer un système de contrôle généralisé. Ils soupçonnent les Etats de vouloir supprimer totalement les pièces et les billets.

Ce sont toutes des monnaies utilisant la technologie de la block Chain.

Le bitcoin (BTC) : la crypto-monnaie de référence 

Historique

Cette monnaie a été créée le 12 janvier 2009, juste après la crise financière de 2008, ce qui en fait la plus ancienne des crypto-monnaies. A cette date, le fondateur  de la monnaie, un mystérieux Satoshi Nakamoto (personne ne sait s’il existe ou pas…) envoie 10 bitcoins à Hal Finney pour tester son système : c’est la première transaction en Bitcoins.

Sa capitalisation de marché représente 198 milliards de dollars (novembre 2017)

Caractéristiques

L’objectif du créateur est de créer une monnaie non contrôlée par un système centrale afin de bénéficier de coûts de transaction réduits. Bitcoin est donc utilisé exclusivement en tant que devise.

C’est la crypto-monnaie la plus célèbre et la plus répandue. Elle représente 54% du marché de ces nouvelles monnaies (novembre 2017)

Le Bitcoin est une monnaie sûre sur un plan technique : à ce jour, il n’a souffert d’aucune attaque, contrairement à l’Ether. Il  ne peut pas être contrefait.

Contrairement à l’opinion courante, Bitcoin n’est pas anonyme. A l’origine, le Bitcoin, monnaie cryptée, était difficilement déchiffrable. Aujourd’hui, des entreprises analytiques subventionnées par l’Etat, ont réussi à exposer l’identité des utilisateurs, censées être cachées par des clés publiques qui les réduisent à une simple suite de nombre et de chiffres. Cela est parfaitement réalisable car toutes les transactions sont stockées dans la block Chain et peuvent être consultées par n’importe qui n’importe quand. La même transparence qui garantit la validité des transactions permet également aux utilisateurs de connaître l’historique du Bitcoin et donc de savoir si le Bitcoin est passé par des « mains sales ».

Le Bitcoin est accepté par un nombre croissant de commerçants et de sites internet. Des listes de commerçants acceptant le Bitcoin existent par exemple sur http://lebitcoin.fr/ ou http://bitcoin.fr. Des sites généralistes comme Showroomprive, amazon (par l’intermédiaire de purse.io, site en anglais) ou overstock (en anglais mais livre en France) acceptent les paiements en Bitcoins.

Le Bitcoin est la crypto-monnaie la plus ancienne et donc la crypto-monnaie de référence. Toutes les ICO sont payables en Bitcoin. Toutes les crypto-monnaies sont échangeables en Bitcoins. Certaines crypto-monnaies ne peuvent s’acheter qu’en possédant des Bitcoins. En définitive, plus l’univers des crypto-monnaies se développe et plus le Bitcoin sera demandé.

Notre avis

L’offre de Bitcoin est limitée car la rémunération des mineurs est divisée par 2 tous les 4 ans. Ainsi la création de vient de plus en plus rare et se terminera aux alentours de 2140 avec 21 millions de bitcoins contre 16,5 millions en circulation aujourd’hui. Ceci est un avantage pour la conservation et pour l’appréciation de sa valeur si la demande de Bitcoin est en augmentation.

Le Bitcoin peut être considéré comme un nouvel or digital. En effet, il a été créé en 2009 en réaction à la crise financière des subprimes.  Le Bitcoin se positionne comme une valeur refuge. Si une crise financière éclate à l’échelle mondiale, semblable à celle de 2008, il est à parier que le cours du Bitcoin s’appréciera fortement.

Toutefois, 70% de la production de Bitcoin est chinoise, loin devant l’Islande et le Japon. Le minage se fait à l’échelle industrielle dans d’immenses fermes de serveurs informatiques qui utilisent beaucoup d’énergie bon marché (le prix du kilowatt-heure est subventionné). Le chinois Bitmain concentre à lui seul 30% de la puissance informatique du réseau Bitcoin, c’est-à-dire 30% des droits de vote. On le soupçonne d’être à l’origine de la scission du Bitcoin et de la création de son concurrent, le bitcoin cash (voir ci-dessous).

D’autre part, 22% des flux financiers planétaires du Bitcoin passaient par les plateformes d’échange chinoises Btcchina et Okcoin. Or le gouvernement chinois, pour lutter contre la fuite des capitaux qui fait baisser la valeur du Yuan, a interdit en septembre les échanges Bitcoin contre Yuan, ce qui a conduit ces plateformes à fermer.

De plus, le Bitcoin a atteint cet été son niveau de saturation : le réseau doit consommer beaucoup d’électricité pour créer de nouveaux Bitcoins et la validation des transactions se fait de plus en plus longue.

Enfin, le cours du Bitcoin s’est très fortement apprécié durant l’année 2017 : une bulle financière s’est formée.

Même si l’offre de Bitcoin est limitée et la demande est en augmentation constante, le Bitcoin reste un actif hautement spéculatif et la forte appréciation de sa valeur au cours de l’année 2017 n’est pas de nature à rassurer l’investisseur sensé.

Le Bitcoin cash (BCH), un Bitcoin « bis » 

Historique

En juillet 2017, un groupe de développeurs du bitcoin a opté pour une solution technique alternative à celle retenue pour la communauté Bitcoin pour résoudre le problème de montée en puissance du Bitcoin et a créé le Bitcoin Cash.

Sa capitalisation de marché est de 27 milliards de dollars (novembre 2017), ce qui situe BitcoinCash à la troisième place des crypto-monnaies.

Caractéristiques

L’une des limites du Bitcoin est la demande exponentielle de puissance de calcul pour que le minage continue : il faut en effet ajouter des blocs à une chaîne toujours plus importante. Plus la monnaie est populaire, plus les blocs sont nombreux, plus la vérification de l’intégrité des blocs devient ardue.

Concernant le bitcoin, le réseau ne peut gérer qu’une dizaine d’opérations par seconde. Cette capacité est à comparer au réseau Visa qui peut lui gérer plusieurs milliers d’opérations par seconde. Structurellement, le développement du Bitcoin est limité.

Une solution consiste à augmenter la taille des blocs et à libérer de l’espace dans la chaîne de blocs.

Le Bitcoin cash reprend tout l’historique du Bitcoin et multiplie la taille des blocs par 8, qui passe de 1 mégaoctet à 8 mégaoctets. Cette nouvelle forme du Bitcoin est incompatible avec l’ancienne.

Au moment de la séparation, les détenteurs de bitcoin (ceux qui utilisaient certaines plateformes) se sont vus doter d’un Bitcoin cash pour chaque bitcoin détenus. Ces heureux possesseurs ont vu leur nombre de Bitcoin doubler en un claquement de doigt. 16 millions de Bitcoin cash sont ainsi apparus.

Notre avis

Le Bitcoin cash ne dispose pas de la taille critique de son rival : il n’est soutenu que par 10% de la communauté.

Toutefois, le nouveau  logiciel du Bitcoin cash est jugé plus crédible et moins risqué.

Cette scission avec le Bitcoin originel est de nature à semer le trouble et la confusion concernant l’appellation « bitcoin ». De manière plus générale, toute crypto-monnaie peut être sujette à ce type de séparation. Puisque que la gestion est totalement décentralisée, rien n’empêchera jamais un groupe de faire sécession, d’introduire une modification dans la block Chain et ainsi de créer une nouvelle monnaie.

Le dash (DASH), une monnaie innovante 

Historique

Le Dash est une crypto-monnaie créée en 2012 par Evan Duffield à partir du code source du Bitcoin et présentée au public en janvier 2014. Le nom initial était Darkcoin, la première crypto-monnaie anonyme. Dash est une abréviation de digital et de cash.

La capitalisation de marché est de 6 milliards de dollars (5ème place)

Description

Le Dash se veut être de l’argent liquide numérique, c’est-à-dire complètement anonyme (contrairement aux Bitcoins) puisque les informations envoyées sont maintenues privées. L’anonymisation est permise grâce à un protocole de mixage des monnaies qui utilise un réseau décentralisé de serveurs appelé « nœuds maîtres ».

D’autre part, les transactions sont instantanées, l’argent change de mains immédiatement comme pour les pièces et les billets (contrairement aux Bitcoins qui demandent un délai d’exécution).

L’ambition de cette nouvelle monnaie est d’être très simple d’utilisation par n’importe qui à l’instar d’un service comme Paypal. Par exemple, en 2018, les noms des utilisateurs remplaceront les adresses cryptographiques qui prennent actuellement la forme de séries de chiffres et de lettres. Des services similaires aux services bancaires seront proposés tels les comptes joints ou les virements automatiques.

Le business model est innovant par rapport au Bitcoin : 45% des récompenses vont aux mineurs, 45% vont aux nœuds maîtres, 10% servent à financer le système budgétaire décentralisé.

Sa création est limitée à 18.9 millions de Dashs.

Notre avis

L’ambition du Dash est de devenir la première monnaie liquide (simple d’utilisation, anonyme et rapide d’exécution) capable d’adopter un marché de masse et donc de fonctionner à grande échelle.

L’équipe de développeurs est de bonne qualité, le système de gouvernance est amélioré par rapport au Bitcoin.

Elle dispose d’un budget de plus de 20 millions, ce qui lui permet d’embaucher des développeurs à plein temps et du personnel administratif et donc de financer durablement son développement. Pour remplacer le Bitcoin ?

Le Litecoin (LTC), un Bitcoin bricolé 

Historique

Le Litecoin est une monnaie très semblable au Bitcoin : en octobre 2011, Charles Lee, un ancien employé de Google,  modifie légèrement le code source du Bitcoin et crée une nouvelle monnaie. Cela est possible car le Bitcoin est un logiciel libre.

La capitalisation de marché est de 5.6 milliards de dollars (novembre 2017), ce qui en fait la 6ème plus importante crypto-monnaie.

Description

Les différences avec le Bitcoin sont essentiellement les suivantes : une vitesse accélérée pour créer un bloc (2 minutes 30 contre 10 minutes pour le bitcoin), une confirmation plus rapide des transactions, une interface modifiée permettant le minage des pièces depuis n’importe quel ordinateur et la possibilité d’exécution simultanée du minage du Litecoin et du Bitcoin.

Notre avis

Ses défenseurs pensent que le Litecoin est la monnaie décentralisée « parfaite », avec des caractéristiques bien mieux adaptées que le Bitcoin au commerce et au mode d’utilisation d’une monnaie.

Toutefois, les raisons initiales de la création de cette nouvelle monnaie étaient purement spéculatives : les créateurs pensaient faire une bonne affaire en créant un Bitcoin bis avec de légères améliorations.

Sur un plan technique, il sert principalement à tester les nouvelles fonctionnalités du Bitcoin.

Le succès du Litecoin tient principalement à sa faible valeur (100 dollars en novembre 2017) contre plus de 10000 dollars pour le bitcoin et également à son moindre coût de fabrication.

L’année 2017 a vu une hausse impressionnante de son cours, passant de 4.33 dollars en janvier à un plus haut de 100 dollars. La raison est due essentiellement à une demande forte de la part de la Corée du sud, dont le souhait des autorités est de réguler le marché des crypto-monnaies.

Le Monero (XMR), la monnaie 100% anonyme 

Historique

C’est une monnaie créée en avril 2014, initialement sous le nom de Bitmonero, puis sous celui de Monero. Elle provient d’un fork du Bytecoin (séparation de la chaîne de blocs en deux). Monero signifie pièce en Espéranto.

Sa valorisation de marché est de 3.1 milliards de dollars (7ème place)

Description

Le Monéro ne se base pas sur le code source du Bitcoin mais sur celui du Bytecoin qui utilise un protocole nommé Cryptonote. Ce protocole a été publié par un certain Nicolas van Saberhagen qui s’est révélé par la suite être un escroc. La communauté a repris la direction du projet pour développer Monero. Le Monero deviendrait alors le cash alternatif.

Le Monero est basé sur un cryptage différent du Bitcoin, ce qui lui permet d’être indétectable, intraçable et complétement anonyme. Il est basé sur un système décentralisé, en peer to peer et obscurcit la block Chain par un système de signature en cercle et le recours à des adresses furtives.

Chaque transaction est scindée sur la block Chain. Par exemple, pour un envoi de 100 Monéros, le système va réaliser 4 envois de 35, 15, 10 et 40 Monéros, chaque paquet passant par les comptes d’autres utilisateurs qui se s’aperçoivent de rien.

L’algorithme permet de créer un peu plus de 18 millions de pièces jusqu’à mai 2022 puis une émission constante mais très faible de 0.6 Monéro par bloc de 2 minutes.

Notre avis

Grâce aux signatures de cercle, les transactions sont complètement anonymes. Le montant de chaque transaction est masqué grâce aux adresses furtives.

Par contre, l’anonymat des transactions peut encourager de nombreuses dérives (achat de produits illicites, financement du terrorisme…). Ainsi, les juridictions des pays pourront être amenés, si l’utilisation de Monero se développe, à surveiller les utilisateurs.

D’ailleurs, la notoriété soudaine de cette monnaie est grandement due à l’acceptation de paiement en Monéros du site Alphabay, grand site de vente de drogue, d’armes et de fausses cartes de crédit sur le Darknet. Ce site n’acceptait auparavant que les Bitcoins.

A noter que pour l’heure, les transactions en Monéros ne peuvent pas être encaissées directement : il est nécessaire de transformer les Monéros en Bitcoins pour obtenir des dollars ou des euros, ce qui est parfaitement traçable par les autorités.

Les 5 meilleures crypto-monnaies-actifs financiers

Les 5 monnaies étudiées ci-dessous, l’Ether, le Ripple, le Nem, l’Iot et le Neo, ne sont pas des monnaies destinées à concurrencer les monnaies traditionnelles mais des monnaies permettant d’accéder à des nouveaux services.

Ce sont des monnaies dont la valeur ne repose pas seulement sur la seule utilité de se passer des monnaies traditionnelles dans un système décentralisé, mais encore sur l’utilité créée par l’accès à des nouvelles technologie innovantes qui seront sans nul doute l’univers de demain.

L’ether (ETH), la monnaie du système des smart contrats 

Historique

Fin 2013, un certain Vitalik Buterin publie un projet de créations d’applications décentralisées et début 2014, il met en prévente 60 millions d’Ethers ce qui lui permet de lever la somme de 18 millions de dollars. La block Chain devient opérationnelle le 30 juillet 2015.

C’est la 2ème monnaie en termes de capitalisation : 46.5 milliards de dollars (novembre 2017)

Description

Ethereum est un système décentralisé qui reprend le principe d’inscriptions dans une block Chain, comme le bitcoin.

Mais à la différence du Bitcoin, le principe de la block Chain n’a pas pour finalité la construction d’une monnaie mais la certification et l’exécution de smart contrats (contrats intelligents). Ces smart contrats sont des protocoles informatiques qui vérifient automatiquement si les deux parties ont rempli leur part de contrat pour le valider.

Ainsi les smart contrats peuvent remplacer tous les intermédiaires qui établissent des contrats pour leurs clients : l’entreprise Uber, les agents immobiliers, les banques, les notaires…. les potentialités sont énormes et à découvrir !

D’autre part, le logiciel Ethereum permet également de concevoir soi-même des applications décentralisées comme des plateformes de pari ou des réseaux sociaux sans intermédiaires.

Ces applications décentralisées peuvent être construites par n’importe quel utilisateur, à la manière de fabrication de macros pour les utilisateurs d’Excel. D’ailleurs, Ethereum dispose de son propre langage de programmation, « turing complete ».

Sa monnaie d’échange s’appelle l’Ether. Cette monnaie sert à payer les mineurs (personnes qui apportent la puissance de calcul au réseau) mais surtout à régler les smart contrats.

A l’origine, il a été créé 60 millions d’Ether et 12 millions ont été distribué aux développeurs. Depuis 2015, il est créé à peu près 10 millions d’Ethers par an. En effet, le logiciel attribue aux « mineurs » 5 Ethers par bloc miné, c’est-à-dire toutes les 15 secondes.

Il n’y a aucune limite à la création d’Ethers contrairement à la plupart des crypto-monnaies qui sont déflationnistes.

Durant l’été 2016, des pirates ont dérobé plus de 3 millions d’éthers à la communauté à travers une faille du code. La communauté a voté en faveur d’un « hard fork » afin de réinitialiser la block Chain avant le vol. Mais des puristes ont refusé ce reboot et ont créé l’Ethereum classic qui poursuit la block Chain initiale.

Les motivations profondes des créateurs d’Ethereum classic sont les suivantes : « Ethereum est l’ordinateur du monde et personne ne doit pouvoir l’arrêter, le contrôler ou le censurer. Un hard fork n’est envisageable que pour corriger des bugs réels de la plateforme ».

Notre avis

Ethereum se veut le nouvel internet, sans serveurs, décentralisé, plus simple et plus sûr.

La technologie Ethereum est bien plus avancée que celle du Bitcoin, ce n’est pas seulement un moyen de paiement, c’est également l’automatisation de certaines fonctions qu’il fallait réaliser jusqu’ici manuellement. Les smart contrats vont révolutionner de nombreuses sphères : finance, droit, commerce, environnement….

Si cette technologie s’impose, Uber et Airbnb feront faillite car les clients trouveront leurs services sans intermédiaires (et donc sans commission).

Le Ripple (XRP), la monnaie du système des règlements bancaires 

Historique

Ripple est une start-up de San Francisco créé en 2012. Elle s’appelait initialement Opencoin puis Ripple Labs jusqu’en 2015. Les fondateurs sont Chris Larsen et Jed McCaleb. 150 personnes travaillent à plein temps.

C’est la 4ème monnaie en termes de capitalisation (10 milliards de dollars).

Description

Le « Ripple » est un système de monnaie numérique dans lequel les transactions sont vérifiées par consensus entre les membres du réseau plutôt que par le processus de minage utilisé par le Bitcoin. Ce système utilise moins d’électricité que le bitcoin et effectue les transactions plus rapidement.

Mais Ripple est surtout un nouveau système de règlement, un nouveau protocole internet, qui permet aux banques d’effectuer des transactions directement entre elles sans passer par des correspondants. Ces transactions sont libellées en monnaie classique ou dans la monnaie interne, le Ripple. Ce protocole internet s’appelle RTXP (Ripple Transaction Protocol).

Ce protocole est open source : il n’est donc la propriété de personne. Il n’y a pas de frais de transaction.

Il permet également aux utilisateurs d’envoyer de l’argent dans une devise et aux destinataires de recevoir cette somme dans une autre devise, y compris certaines crypto-monnaies.

Ripple détient une grande quantité de XRP et chaque mois dégèle 1 milliard afin de ne pas inonder le marché et faire baisser le prix de la monnaie.

Notre avis

Le Ripple est sans doute le concurrent le plus sérieux du bitcoin, en particulier dans le domaine des transferts internationaux. Les virements internationaux en Ripple se font en quelques secondes contre 4 jours pour un transfert traditionnel. De plus, le coût de transaction est plus bas que celui du bitcoin.

Ripple continue d’investir dans son réseau et multiplie les partenariats avec les grandes entreprises financières mondiales. 15 des 50 plus grandes banques mondiales utilisent aujourd’hui le système Ripple.  Il est également utilisé par la majorité des banques japonaises. Un groupe interbancaire américain s’est constitué en 2017 pour soutenir le fonctionnement du système comprenant, entre autres, la Bank of america Merryll Linch et Unicrédit.

Les partisans du bitcoin critiquent le Ripple pour être pré-miné et existant pour un montant déterminé. En effet, 100 milliards de Ripple ont été créés mais sont détenus en majorité par les créateurs (20 milliards), qui se sont engagés à les vendre sur plusieurs années,  et par la société Ripple Labs qui distribuent graduellement les Ripple afin d’établir un taux de change stable ou en renforcement par rapport aux autres monnaies.

S’il ne connait pas encore l’exposition de bitcoin, le Ripple a un développement impressionnant.

Le Iota (IOT), la monnaie des objets connectés 

Historique

Cette monnaie a été créée en 2014 par 4 développeurs. En 2016, une ONG de droit allemand, IOTA, a vu le jour. Le 13 juin 2017, cette monnaie est lancée sur bitfinex et en fin de journée, elle atteint une capitalisation record de 1.5 milliards de dollars !

Sa capitalisation de marché est actuellement de 2.5 milliards de dollars (8 ème position)

Description

C’est une crypto-monnaie  pour l’industrie Internet-of-things (IOT), c’est-à-dire le monde des objets connectés. Les objets connectés ont trouvé des applications dans le domaine de la domotique (allumer une lampe à distance, régler le chauffage…), celui des loisirs (montres connectés, frigo commandant seul ce qui manque, drones…)

La technologie qui permet de relier tous ces objets ne repose pas sur la block Chain, trop gourmande en frais de transaction et incapable d’absorber des gros volumes de micro-paiements mais sur un nouveau procédé appelé « tangle » (formés par les transactions peer to peer). Le principe est que chaque transaction nouvelle, pour pouvoir exister, doit approuver des transactions passées. Chaque nouvelle transaction sécurise l’ensemble du réseau : l’utilisateur se transforme en mineur.

Il n’y a plus de block Chain, donc plus de création monétaire. Toute la quantité de monnaie a été émise dès le début (2.8 milliards de tokens)

Les transactions sont gratuites mais il faut des Iotas pour avoir des transactions. On est donc obligé de détenir des Iotas pour toute activité sur le réseau Iota.

Notre avis

C’est la première monnaie post blockchain, possédant une technologie originale particulièrement adaptée à la communication des objets connectés. Elle permet des transferts sans frais et rend viable toute micro transaction.

Grâce au développement de l’intelligence artificielle, les objets connectés vont communiquer entre eux. Il manque un système de paiement adapté pour qu’ils puissent faire des transactions de manière intelligente en dehors de toute intervention humaine : c’est ce que le système Iota apporte.

Le marché est énorme : Selon le bureau d’études américain « Gartner Inc », 25 milliards d’objets connectés verront le jour en 2020.

Ainsi, par le système Iota, on pourra vendre facilement (ou louer) l’énergie issue de panneaux solaires, la puissance de calcul non utilisée d’ordinateurs, la bande passante wifi, un emplacement de stockage de données….

Encore un projet à suivre et une monnaie prometteuse.

Neo (NEO), le clone chinois d’Ethereum 

Historique

Anciennement nommée Antshares, c’est une monnaie développée depuis 2014 par une société chinoise dont le fondateur s’appelle Da Hongfai. Elle a un fort ancrage en Chine mais commence à être de plus en plus connue dans le reste du monde grâce à la traduction en anglais des rapports d’activité.

Elle s’est hissée récemment à la 9ème place des crypto-monnaies avec une capitalisation de marché de 2.4 milliards de dollars.

Description

NEO est similaire à Ethereum et ses smart contrats.

L’objectif n’est pas de créer un nouveau système financier mais un système qui fait un pont entre les actifs financiers du monde réel, existant actuellement, et la block Chain. Néo est spécialisé dans l’enregistrement numérique d’actifs. Ce n’est pas un système réservé aux geeks mais accessible à tout le monde. L’approche est donc très pragmatique.

De plus, il y a la volonté de respecter la règlementation chinoise : l’identité des contractants doit pouvoir être vérifiée. Cela est également nécessaire pour prouver des droits sur des actifs réels.

La vérification des transactions ne se fait pas comme  pour le Bitcoin ou Ethereum par une preuve de travail effectuée par les mineurs de manière décentralisée. Le système est original : on élit un validateur, à qui on fait confiance et qui s’occupe de gérer les transactions. Il y a donc une certaine centralisation.

Un bloc est créé toutes les 15 secondes. 100 millions de Néo (anciennement ANS)  ont été créés initialement. Un Néo représente une part de la chaîne Néo. Il  permet d’élire les validateurs, donne un droit de vote, et permet d’obtenir la monnaie proprement dite, l’ANC, en cours de création. Cette création devrait prendre 22 ans.

Très similaires à Ethereum et ses smart contrats, les développeurs souhaitent aller plus loin en proposant des fonctionnalités supplémentaires comme la possibilité d’utiliser plusieurs langages de programmation pour les développeurs. Un partenariat a été noué avec Microsoft : dans l’outil de programmation visual studio, il y a possibilité de faire un projet Néo.

Cette monnaie  a attiré l’attention suite à sa collaboration avec les autorités de certification chinoises pour cartographier les actifs réels en utilisant sa technologie de contrats intelligents. Le fait que Néo ne puisse être échangé que sur une seule plateforme a provoqué un encombrement et une montée en flèche de son prix. Aujourd’hui, Néo est coté sur Bitfinex et peut être échangé contre des dollars.

Notre avis

C’est un projet qui peut plaire aux entreprises et aux Etats car il existe une certaine centralisation de la block Chain qui permet un contrôle.

Si Néo devient la crypto-monnaie approuvée par le gouvernement chinois et devient le système sur lequel s’appuient les projets similaires à Ethereum, alors cette monnaie a un joli avenir devant elle.

L’inconvénient est la concurrence d’Ethereum qui est actuellement en avance et qui attire plus de développeurs non chinois.

Le Nem (XEM), la monnaie des actifs virtuels 

Historique

Nem (New Economy Movement) est une plateforme basée sur la technologie de la blockchain, créée en mars 2015.

Sa capitalisation de marché est de 2.5 milliards de dollars (novembre 2017), ce qui situe cette monnaie à la 9ème place.

Caractéristiques

Son code source a été imaginé de toute pièce, il est donc original et n’est pas une copie « bricolée » du code source du Bitcoin comme l’est le Litecoin ou le Dash.

Cette plateforme permet de faire des paiements, de créer une messagerie, de réserver des noms de domaine, de créer des actifs virtuels (« les mosaïques »). Ces actifs peuvent être, sur un plan financier, des actions, des obligations, des coupons. Il est possible également de créer des titres de propriété, des diplômes, des certificats de toutes sortes.

9 milliards d’unités ont été créés au départ, il n’y a pas, contrairement au Bitcoin, de nouvelle monnaie émise, pas donc de « minage ». Les ordinateurs qui travaillent pour le réseau, servent de nœuds qui diffusent l’information qu’une transaction existe et « récolte » en échange de ce travail des frais de transaction. Le « minage » est remplacé par la « récolte ».

L’originalité consiste en effet en la validation des opérations par une preuve d’importance : plus un utilisateur aura effectué un nombre élevé de transactions, plus il aura un score élevé, plus il aura de chance de récolter la récompense liée à la résolution du bloc suivant.

Notre avis

Les services proposés par la plateforme Nem peuvent bouleverser le paysage de la finance grâce à la virtualisation des actifs. La block Chain Nem est utilisée par une block Chain commerciale japonaise  Mijin et testée par des institutions financières japonaises, comme la banque SBI Sumishin.

Toutefois, pour continuer son développement, Nem doit faciliter la tâche des développeurs en leur permettant une intégration plus facile de leurs projets. L’infrastructure de développement doit être revue.

Comment créer un portefeuille sécurisé de crypto-monnaies ?

Avant d’acheter une crypto-monnaie, il faut en connaître l’environnement juridique : celui-ci est incertain et en construction. C’est la raison pour laquelle le choix du portefeuille est particulièrement important : les crypto-monnaies doivent être en lieu sûr.

Plusieurs types de portefeuille sont disponibles : en ligne, sur le mobile, sur l’ordinateur de bureau, sur un matériel dédié de type clé USB. Faisons le tour de ces solutions et détaillons leurs avantages et inconvénients.

Nous finirons par un comparatif de 4 portefeuilles matériel car c’est ce type de portefeuille qui nous semble être la meilleure solution en termes de sécurité.

L’encadrement juridique en France

Il faut savoir qu’il n’existe aucune protection règlementaire pour couvrir les pertes en cas de faillite de la plateforme qui gère les échanges et le stockage des crypto-monnaies. Il n’y a pas non plus de cadre juridique en ce qui concerne le vol de bitcoins stockés sur l’ordinateur. Il existe toutefois des solutions sûres pour sauvegarder les crypto-monnaies (voir ci-dessous).

Si la Banque de France n’approuve pas les crypto-monnaies et ne peut assurer la sécurité des utilisateurs français, elle ne les interdit pas formellement. Il n’est pas illégal d’acheter ou de vendre des crypto-monnaies en France.

Et selon l’APCR (autorité de contrôle prudentiel et de résolution), l’organisme qui achète et vend des crypto-monnaies à titre habituel doit disposer d’un agrément de prestataire de services de paiement (établissement de crédit, établissement de paiement ou établissement de monnaie électronique). La liste est accessible sur le site de l’ACPR. Ceci constitue donc une reconnaissance de fait du monde des crypto-monnaies.

Sur un plan juridique, par élimination, les crypto-monnaies ne peuvent être considérées que comme des biens meubles sans caractéristiques particulières.

Sur un plan fiscal, pour les français, l’imposition s’applique sur l’ensemble des revenus quel que soit leur lieu de situation : tous les revenus issus des crypto-monnaies sont donc imposables en tant que revenu. Toutefois, l’administration fiscale ne dispose pas d’une transmission automatique de la part des banques sur les opérations réalisées et la détention des monnaies virtuelles. Et il n’y a aucune obligation de déclarer son portefeuille de crypto-monnaie…

Les différents types de portefeuille de crypto-monnaie

Qu’est-ce qu’un portefeuille de crypto-monnaies ?

Un portefeuille de crypto-monnaie (wallet) est l’endroit où l’on peut recevoir, stocker et envoyer votre argent.  C’est similaire à un compte en banque sauf que vous êtes votre propre banquier puisque la première caractéristique de ces monnaies est d’être décentralisée. Tous les portefeuilles de crypto-monnaie ont une adresse publique, similaire à un e-mail : c’est ce qu’il faut donner aux interlocuteurs pour recevoir des crypto-monnaies.

Concrètement, cette adresse publique se présente sous forme d’une chaîne de caractères aléatoires, souvent représentée par un code QR afin de faciliter le scan à l’aide du téléphone. Les adresses Bitcoin commencent par un 1 ou par un 3 et ressemblent à  1BvBMSEYstWetqTFn5Au4m4GFg7xJaNVN2 ou à 3J98t1WpEZ73CNmQviecrnyiWrnqRhWNLy. Les adresses Ethereum commencent par un 0 et ressemblent à 0xde0B295669a9FD93d5F28D9Ec85E40f4cb697BAe.

Pour accéder à cette adresse publique, il faut posséder un mot de passe (une clé privée) qui sécurise le portefeuille. Quiconque obtient cette clé privée peut accéder à votre portefeuille.

Un bon portefeuille offre également une phrase de sauvegarde utilisable en cas de perte de la clé publique. Cette phrase est généralement une succession de mots qui ne sont pas liés les uns aux autres par un sens. Il est nécessaire de conserver cette phrase sur un papier et dans un endroit sûr.

Parce que les transactions effectuées sur la block Chain sont publiques, chaque nouvelle transaction génère une nouvelle clé publique.

Comment choisir son portefeuille ?

Un portefeuille de crypto-monnaies telle Bitcoin est comparable à un portefeuille avec de l’argent liquide. On ne conserve pas dans son portefeuille mille euros. Il en est de même pour les crypto-monnaies.

Le premier critère dans le choix de son portefeuille est donc la sécurité. Dans le monde non légalisé des crypto-monnaies, il existe beaucoup de hackers. Ceux-ci utilisent des logiciels malveillants de type Malwares ou Keyloggers qui s’attaquent directement aux portefeuilles ou enregistrent ce que vous tapez sur votre clavier. Les mots de passe sont récupérés de cette manière.

Une bonne pratique est de garder seulement des petites sommes sur le téléphone portable ou sur l’ordinateur de bureau pour un usage quotidien. Dès que les sommes deviennent plus importantes, il faut se tourner vers  les portefeuilles matériels qui sont incontestablement les plus sûrs. Les portefeuilles en ligne sont les moins sécurisés.

Le deuxième critère est le nombre de cryptos offertes. Il faut vérifier que le portefeuille accepte au moins les 2 monnaies les plus courantes, le Bitcoin et l’Ether. C’est un minimum. Ensuite, c’est selon l’étendue des monnaies que l’on possède.

Le troisième critère est l’échange interne. Lorsque l’on veut vendre une monnaie contre une autre, il faut en général sortir du portefeuille, convertir sur une plateforme extérieure, puis retourner dans le portefeuille. Certains portefeuilles ont intégré leur propre échange interne.

Le quatrième critère est l’open source. Si un opérateur met à disposition de tout son code informatique, cela signifie qu’il peut être amélioré par n’importe qui et ainsi permettre la correction d’éventuels problèmes de sécurité.

Les portefeuilles en ligne

La façon la plus simple pour démarrer est de créer un portefeuille en ligne. Ils fonctionnent sur le cloud et sont accessibles partout où vous allez depuis n’importe quel appareil. Ces portefeuilles sont créés gratuitement.

Il faut toutefois savoir que dans le passé plusieurs bourses d’échange et portefeuilles en ligne ont succombé à des failles de sécurité. Même si des progrès ont été faits dans le domaine de la sécurité, il faut rester très prudent et choisir ces services avec précaution.

En effet, vous confiez à une tierce personne vos clés privées qui sont gérées et stockées sur son serveur. Les pannes techniques peuvent arriver et rendre le site inaccessible. Il arrive également que le site suspende le service quelque temps pour cause de maintenance ou de piratage.

Sur le plan de la sécurité, l’authentification en deux étapes semble un préalable incontournable.

Plusieurs sociétés proposent ce service : Bitoasis (3 clés d’authentification, la première conservée par Bitoasis, la seconde par Bitgo et la troisième permettant de retrouver ses fonds en cas de problème), BitGo, Coinapult, Coin.space, green adress

Une bonne solution est Electrum, portefeuille pour système Mac, Linux et Windows créé en novembre 2011. Il sécurise le stockage de Bitcoins avec un ordinateur hors ligne .

Une autre solution est cryptonator qui permet d’échanger de manière instantanée des Bitcoins et de stocker 500 crypto-monnaies. Les services sont exécutés sur une connexion HTTPS, les données sont cryptées par l’algorythme SHA-256 et le compte est sécurisé par une authentification à 2 facteurs.

Certaines sociétés se comportent comme des banques en ligne avec un système centralisé : on peut y ouvrir un compte en Bitcoin. La plus sécurisée est certainement Coinbase. Il existe également Coinapult, Xapo et Circle.

Les portefeuilles-mobile

Ce sont des applications que vous téléchargez sur votre téléphone portable. Celles-ci sont plus simples d’utilisation qu’un portefeuille sur ordinateur et aussi plus légères (la taille de l’appli est moins importante que la taille d’un logiciel).

Ce type de portefeuille inclue généralement un code PIN pour les rendre plus sécurisés.

Ils ressemblent à des portefeuilles que vous avez dans la poche : ils peuvent garder un peu de liquidités mais pas tout votre argent. Les portefeuilles mobiles sont pratiques si vous faites régulièrement des paiements.

Pour le smartphone, plusieurs applications sont disponibles. Sur androïd, bitcoin wallet (1 M) Blockchain(1M, 4.4, Bitcoin et ether), Coinbase (1M, 4.4, bitcoin) sont les plus populaires. Coinomi est une application mobile qui offre la possibilité de conserver plus de 70 crypto-monnaies, un échange interne et un code open source.

En février 2014, Apple a banni de son App store les portefeuilles Bitcoin mais a changé de décision quelques mois plus tard. Aujourd’hui, sur iphone, Blockchain et BreadWallet sont 2 bonnes solutions. Il existe également Bither, Coin.space, Green Address, Airbiz et Arcbit.

Les portefeuilles d’ordinateurs de bureau

Ils se présentent sous forme d’application à télécharger sur votre ordinateur. Ils ne sont accessibles qu’à partir de l’ordinateur sur lequel le logiciel a été téléchargé. Ceci peut présenter un inconvénient si l’ordinateur est un ordinateur fixe.

Ils sont en général plus sécurisés que les portefeuilles en ligne ou sur smartphone mais moins pratiques. De plus, si l’ordinateur contracte un virus, l’accès au portefeuille peut être compromis.

Sur windows, les applications les plus populaires sont Electrum, Armory, Multibit.

Sur Mac, on peut noter l’application Hive et sur Android, Bitcoin Wallet.

Exodus permet le stockage de 17 monnaies ainsi que l’échange interne.

Les portefeuilles-matériel

Ils sont également appelés portefeuilles de stockage à froid. Ce sont des appareils électroniques, comme une clé USB, qui doivent être connectés à l’ordinateur, au smartphone et à une tablette pour pouvoir acheter, stocker ou dépenser des crypto-monnaies.

Les portefeuilles-matériel présentent la meilleure solution en termes de sécurité puisque les clés privées sont conservées à l’intérieur de l’appareil et sont donc à l’abri des appareils connectés à internet.

Il est possible de les utiliser sur un ordinateur infecté par un malware comme il est possible d’utiliser la souris ou l’écran : les portefeuilles-matériel se comportent comme un matériel périphérique, indépendamment du système logiciel infecté.

Les portefeuilles-matériel génèrent et stockent les clés privées hors ligne afin de s’assurer que les hackers n’ont aucun moyen d’accéder aux crypto-monnaies. La seule solution pour ces derniers est de mettre physiquement la main sur ce matériel. Et encore ! Il faudrait qu’ils connaissent le code PIN.

De plus, en cas d’endommagement ou de perte du matériel, il est toujours possible de créer un code de secours (généralement une suite de mots) afin de récupérer sa crypto-monnaie.

Les portefeuilles-matériel ne sont pas gratuits mais ils permettent de conserver ses crypto-monnaies en toute sécurité. Ils représentent la meilleure solution pour conserver des sommes importantes de crypto-monnaies.

Comparatif des 4 meilleurs portefeuilles-matériel

Nous avons comparé 4 portefeuilles matériels selon les critères suivants : le prix, le nombre de monnaies acceptées, la présence d’un écran.

Le prix est la contrepartie de la sécurité. Dans notre test, ils vont du simple au double, de 75,49 € à 149 €.

L’écran est un élément important du matériel : il permet d’afficher des informations au sujet de la sécurité du matériel. Les données affichées sur l’écran sont plus fiables que celles affichées sur l’écran de l’ordinateur car impossibles à hacker.

La présence de la fonctionnalité ERC 20 est également importante. ERC 20 est un standard pour émettre une monnaie (token). Sa présence dans le portefeuille indique qu’il pourra aisément ajouter de nouvelles monnaies.

Trézor 

C’est le plus ancien des portefeuilles matériel de Bitcoins, il a été créé en 2014 par Satoshi Labs. Deux couleurs sont proposées : blanc ou noir. Une fenêtre et deux boutons permettent de le faire fonctionner. Il se branche sur l’ordinateur grâce à une prise USB. Une extension sur Chrome (à télécharger) permet le fonctionnement de l’appareil.

Ce portefeuille peut signer des transactions tout en étant connecté sur un appareil en ligne : la dépense de crypto-monnaies est sans risque même lorsqu’il existe un virus sur l’ordinateur. Son code source est public.

7 monnaies sont acceptées par l’appareil. Les Bitecoin, Litecoin, Dash, Zcash et Bitcoin cash peuvent être directement stockées avec Trezor. Par contre, pour échanger des Ethereum, il faut changer d’environnement et se rendre sur l’application MyEtherWallet, ce qui est un peu désagréable. On peut alors échanger Ethereum, Ethereum classic et ERC-20 tokens avec l’application qui s’ouvre.

Son prix est de 89 € + 17 € de livraison par DHL, soit 106 €. On peut le trouver à 95.86 € sur Amazon.

A noter qu’un nouveau modèle sera livrable en janvier 2018

Keepkey 

C’est un portefeuille-matériel créé en septembre 2015 et qui est arrivé sur le marché pour concurrencer le Trezor. Il se présente sous forme de cube noir  avec un écran et deux boutons pour le faire fonctionner.

La sécurité est privilégiée : Keepkey est protégé par un code PIN et offre une sauvegarde grâce à une liste de 12 mots.

Le code source est public. Il est compatible avec Windows, Mac, Linus et Android.

Les monnaies qui peuvent être stockées sont le Bitcoin, l’Ethereum, le Litecoin, le Dogecoin, le Dash et le Namecoin.

Son prix est de 129 dollars + livraison (149 € sur Amazon)

Ledger Nano S 

Ledger est une société française basée à Vierzon et spécialisée dans la sécurité des crypto-monnaies. C’est une société créée en 2015 de la fusion de La Maison du Bitcoin, de BT Chip et de Ledger.

Le Ledger nano S a été créé en août 2016.

Il se présente sous forme de cube en métal protégé par un couvercle pivotant. Une fenêtre et deux boutons permettent de le faire fonctionner. Toutefois, l’écran est trop petit pour visionner une adresse dans son ensemble, ce qui est dommage, en particulier pour l’envoi de Bitcoins.Il ne permet de voir qu’une seule ligne alors que le Trezor permet d’en voir 4.

Il se branche sur l’ordinateur grâce à une prise USB. Une extension sur Chrome (à télécharger) permet le fonctionnement de l’appareil

Ledger est protégé par un code PIN à 4 chiffres. Il offre une sauvegarde grâce à une liste de 24 mots.

Le code source est public. Il est compatible avec les systèmes Windows, Mac et Linux.

Il permet le stockage de 18 monnaies.

Son prix est de 69.60 € +les frais de port, soit 75.48 € (75.48 € sur Amazon).

Digital Bitbox 

Digital Bitbox est une société basée en Suisse. Le portefeuille-matériel se présente sous forme de clé noire à insérer dans l’ordinateur. Il n’y a pas de fenêtre de contrôle sur l’appareil, ce qui le rend dépendant d’un périphérique supplémentaire pour le faire fonctionner.

Le code source est public. Il est compatible avec les systèmes Windows, Mac et Linux et Android.

Côté sécurité, il offre une authentification optionnelle à 2 facteurs qu’il est préférable d’activer.

3 Monnaies sont acceptées : Bitcoin, Ethereum et Ethereum classic, ERC-20 tokens

Son prix est de 54 € + 25 € de frais d’envoi par Fedex = 79 €

Conclusion

Le premier du classement est le Ledger nano S : son prix est le plus bas des 4 appareils testés et il permet le stockage du plus grand nombre de crypto-monnaies. Le seul bénol est l’écran trop petit ne permettant pas de voir une adresse dans son ensemble.

Où acheter une crypto-monnaie ?

Il existe beaucoup de sites d’achat de crypto-monnaies et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Certains vous proposeront de garder chez eux votre argent. Sont-ils sérieux ? Cachent-ils des arnaques ? L’absence de régulation rend la question d’autant plus importante.

Les sites d’achat peuvent être classés en 4 catégories :

  • Les sites de courtage : un intermédiaire s’occupe de vous trouver un vendeur si vous êtes acheteur et un acheteur dans le cas inverse. Certains brokers achètent des crypto-monnaies pour leur propre compte puis la revendent.
  • Les plateformes d’achat en monnaie-fiat: ce sont des sites qui permettent d’échanger des monnaie-fiat (monnaies traditionnelles, décrétées par l’Etat) contre des crypto-monnaies
  • Les plateformes d’échange de crypto-monnaie. Ces plateformes permettent d’échanger des crypto-monnaies entre elles. Certaines crypto-monnaies ne peuvent être achetées que sur ces sites et nécessitent donc la détention préalable d’une autre crypto-monnaie.
  • Les plateformes décentralisées comme Localbitcoin qui fonctionne comme Leboncoin.

Les 5 meilleurs sites de courtage

Les 5 sites suivants (BTC direct, Coinbase, Coinhouse, Coinmama et Paymium), ont été sélectionnés et classés selon les critères suivants :

Les critères de sélection

La réputation.

Beaucoup de sites d’achat se sont révélés être des cyber-arnaques. Pour les éviter, nous avons donc regardé la date de création (plus un site est ancien, plus il a fait ses preuves) et le trafic généré. Plus le site est ancien, plus il a fait ses preuves et plus il est digne de confiance. Or, dans ce domaine, l’ancienneté des sites n’est pas importante, beaucoup sont en ligne depuis peu de temps.

La confidentialité

La plupart des sites pratiquent la procédure KYC (Know your Customer) et demandent des informations sur le client avant de lui ouvrir un compte. Ceci est un gage de sérieux. Cette procédure évite le blanchissement d’argent sale. Nous avons exclu les sites qui acceptent de vendre des crypto-monnaies à n’importe quel inconnu.

Les frais

Dans une optique d’investissement, les frais prélevés à chaque transaction de crypto-monnaie sont un critère important à prendre en compte. Certains sites ne sont pas transparents et n’indiquent pas clairement leur politique tarifaire. D’autres en changent souvent. Ces frais dépendent également du moyen de paiement utilisé pour l’achat : par carte bancaire, les frais sont aux alentours de 4%, par virement autour de 1 à 1.5%.

Les moyens de paiement

Selon les sites, les moyens de paiement proposés sont plus ou moins nombreux. Il est possible d’acheter des cryptomonnaies par carte bancaire, par virement, par carte néosurf prépayée, par mandat cash, par paypal, par espèces…. Les achats de crypto-monnaie par carte bancaire sont généralement quasi instantanés tandis que ceux effectués par virement peuvent mettre plusieurs jours à s’effectuer. Quant aux achats par espèces, il faut se présenter physiquement à une boutique telle que la boutique du Bitcoin située à Paris.

Le nombre de crypto-monnaies proposées

Certains sites ne proposent l’achat que d’une seule monnaie, généralement le Bitcoin. D’autres élargissent leur offre au Litecoin et à l’Ethereum.

La nationalité

Les sites français ont bien sûr une interface en français et certains proposent une hotline en français en cas de problèmes. D’autre sites sont d’origine américaine, autrichienne, canadienne, suisse et nécessitent la maîtrise de la langue anglaise pour ouvrir un compte.

BTC direct

C’est un broker d’origine hollandaise régulé aux Etats-unis. Il existe un service en français. La clientèle est principalement européenne (47% hollande, 21% Allemagne)

Des Bitcoins, Ethers et Litecoins  peuvent être achetés et vendus contre des euros.

La procédure KFC est rapide : il faudra envoyer une photocopie de la pièce d’identité, un selfie sur lequel vous tenez votre pièce d’identité et un justificatif de domicile récent.

Les moyens de paiement possibles sont le virement et la carte bancaire (visa ou mastercard). Les frais ne sont pas présentés de manière claire. Ils sont de 6% pour les paiements par virement, de 3% par carte.

Le support en français est de qualité.

Coinbase

Coinbase est la plus grande bourse d’échange de Bitcoin au monde et a donc une bonne réputation. Elle compte 9 millions d’utilisateurs et est disponible dans 28 pays du monde.

C’est une compagnie créée en 2012 et basée à San Francisco. Son trafic est de 30 millions de sessions par mois (Alexa août 2017) avec 530 000 visiteurs par jour. Elle est présente dans plus de 30 pays, parmi lesquels les EU (50% de ses utilisateurs sont américains), le Canada, l’Australie et l’Europe (sauf l’Allemagne).

L’interface est simple d’utilisation et une version en français est disponible.

Les achats en carte bleue se font très rapidement, par contre les achats par virement bancaire peuvent prendre jusqu’à 5 jours pour être finalisés. Les frais sont peu élevés (1.49% par virement, 3.99% par carte bancaire).

Trois monnaies peuvent être achetées : Bitcoin, Ethereum et Livecoin. Début 2018, d’autres monnaies seront proposées.

La commission de change varie selon l’emplacement de l’utilisateur, le mode de paiement et d’ « autres circonstances ». Le calcul est assez opaque. Toutefois, le taux de change ainsi que les frais sont donnés avant la validation de l’opération.

Ce broker propose un service coffre-fort pour conserver et sécuriser les monnaies achetées.

Coinbase est sûre : c’est une compagnie régulée aux Etats-unis. Elle est soutenue par la majorité des investisseurs américains. Pour ouvrir un compte, il faut fournir des renseignements personnels et si le paiement se fait en carte bancaire, la photocopie d’une pièce d’identité est nécessaire. L’envoi de Bitcoins en direction de sites illégaux ou douteux peut même conduire à la fermeture du compte.

Coinhouse

C’est le premier site de vente de Bitcoin français (60% des clients sont français). Il est dirigé par la société Ledger, société spécialisée dans la sécurisation physique des portefeuilles et jouissant d’une excellent réputation dans le milieu des Bitcoins. On peut également se déplacer physiquement et acheter des Bitcoins à La Maison du Bitcoin, comptoir de change en plein Paris.

Il permet l’achat de Bitcoin (et également d’Ehers) de manière rapide et sécurisée. Les moyens de paiement proposés sont la carte bancaire (avec une validation supplémentaire 3D secure) ou avec une carte prépayée Neosurf. Pour acheter des Bitcoins, il faut au préalable donner des informations personnelles selon le processus KFC (Know your customer) afin de prévenir l’usurpation d’identité et le blanchissement d’argent.

L’inscription est immédiate, la validation du compte se fait en quelques heures et la livraison des Bitcoins s’effectue immédiatement, dès que le paiement a été validé.

Les frais de ce courtier sont parmi les plus élevés du marché, les commissions sont de 10% pour les achats en carte ou par virement mais peuvent descendre à 6% en fonction du volume acheté. Le prix des monnaie est celui côté sur la plateforme Kraken. Deux monnaies peuvent être achetées :  le Bitcoin et l’Ether.

Coinmama

Coinmama est un broker israëlien créé en 2013 et situé à Ra’anana. En Europe, le siège est installé en Slovaquie.   Il offre un service disponible dans presque tous les pays du monde. La plateforme en ligne permet de vendre le stock de Bitcoin et d’Ethers possédé par la société.

L’interface est simple d’utilisation et est en anglais. Une version est disponible en français.

Les achats en carte bancaire se font rapidement. C’est un des brokers les plus flexibles : il est ainsi possible d’acheter 150 dollars de  monnaie sans vérification. Avec vérification d’identité, il autorise jusqu’à 5000 dollars par jours et 20 000 dollars par mois d’achat de monnaies.

La commission par carte bancaire est de 5%, ce qui est plus élevé que Coinbase.

Coinmama a une bonne réputation, c’est l’un des plus anciens brokers de crypto-monnaies. C’est le premier à offrir un achat de monnaies par la carte bancaire.

Paymium

C’est un site français créé en 2011, basé à Paris, un des pionniers des services Bitcoin. Le fondateur et PDG actuel est Gonzague Granval. Anciennement appelé bitcoin-central, la société emploie 6 personnes.  Les clients sont en majorité des français (65%) et des allemands (6%).

Ce broker permet d’acheter une seule crypto-monnaie, le Bitcoin, contre l’euro. Il est possible d’acheter immédiatement des Bitcoins (ordre de marché) comme la grande majorité des brokers mais aussi de passer un ordre limite qui peut être exécuté partiellement ou totalement.

L’alimentation du compte peut se faire par carte bleue (commission de 8%) ou par virement (gratuit)

Le site est très sécurisé : les avoirs ne sont pas détenus par Paymium mais par une banque bruxelloise soumis à la supervision de la Banque Nationale Belge. Les clés privées des comptes sont générées et stockées sur des supports non connectés à Internet. Paymium est la première place de marché européenne proposant un service en conformité avec la règlementation européenne sur les services de paiement.

Si le flux transitant sur le compte est supérieur à 2500 €, alors il doit passer en statut « vérifié » (envoi d’une pièce d’identité et d’un justificatif de domicile). La vérification des nouveaux comptes prend environ 2 jours.

5 langues sont disponibles pour l’interface du site, dont bien sûr, le français.

Le site a levé 1 million d’euros en 2016 auprès du fonds de Xavier Niel, Kima Ventures, de NewFund et du spécialiste en monétique, Galitt.

Conclusion

Parmi tous les brokers, Coinbase se distingue des autres brokers : c’est le plus ancien, c’est celui qui a le plus de trafic et c’est le moins cher. Il a une excellente réputation. C’est donc le premier choix dans notre classement.

Le français Paymium est un site sérieux, c’est le « Coinbase » français. 65% de ses clients sont français. Il est classé numéro 2. Il ne permet toutefois d’acheter que le seul Bitcoin. Si les virements alimentant le compte sont gratuits, il existe des frais sur les transactions en Bitcoins, de l’ordre de 0.40%.

Coinhouse est également un site sérieux, il a une position dominante en France et obéit à la loi française. Il est à regretter que ses frais sont aussi élevés, 10% pour les achats de 500 € par carte bleue ou par virement, même si ces tarifs sont dégressifs et peuvent descendre à 6% pour des achats de plus de 10000 € par virement. C’est la raison principale pour laquelle il est classé 5ème.

Les brokers sélectionnés sont des sites de confiance. Toutefois, ils présentent un inconvénient important: une fois l’argent reçu, la conversion en Bitcoins se fait la plupart du temps instantanément. Le cours d’achat n’est donc pas maîtrisé, surtout si le virement a mis quelques jours pour être exécuté. En effet, le cours du Bitcoin peut varier considérablement d’un jour à l’autre.

Les brokers présentent également un autre inconvénient : ils proposent des cours d’achat qui ne sont pas forcément les mêmes que ceux qui existent sur les plateformes. Par exemple, le 25 novembre 2017, alors que le Bitcoin cotait 6931 € sur Paymium, BTC direct le proposait à 7313 € et Coinmama à 7643 €.

Enfin, les brokers ne proposent pas toutes les crypto-monnaies. Seuls le Bitcoin, l’Ethereum et le Litecoin sont généralement proposés.

Pour élargir la palette de possibilités et maîtriser les cours, il est nécessaire de se tourner vers les plateformes d’échange.

Les 5 meilleures plateformes d’achat en monnaies fiat

Ces plateformes permettent d’échanger des monnaies traditionnelles (fiat) comme l’euro ou le dollar contre des crypto-monnaies et des crypto-monnaies entre elles.

Le problème majeur des plateformes est qu’elles sont peu sécurisées même si des progrès ont été réalisés dans la matière.

En 2014, la plateforme MtGox a perdu 350 millions de dollars en Bitcoin, une perte qui a conduit à la fermeture du site. En août 2016, Bitfinex a été victime d’un piratage massif de 64 millions d’euros, ce qui équivaut à 36% des dépôts des clients.

En revanche, elles permettent d’accéder à de nombreuses crypto-monnaies et de les acheter au cours du marché.

Les 5 plateformes-fiat (Bitfinex, Cex, Changelly, Kraken et Livecoin) ont été sélectionnées et classées selon les critères suivants :

Les critères de sélection

Liquidités

Le risque majeur des plateformes est le manque de liquidités. La plateforme doit avoir un certain volume de transactions, une certaine taille critique. Sinon, le risque est d’acheter à un cours différent de celui imaginé du fait du manque d’ordres de contrepartie.

Tarif

Prendre le risque d’aller sur une plateforme doit rapporter : le tarif pratiqué par les plateformes doit être le plus bas possible.

Fiabilité

La plateforme doit être fiable. Plus l’ancienneté est importante, plus la plateforme a démontré sa capacité à résister aux attaques d’hackers. Les plateformes qui suspendent temporairement leur service pour maintenance ou par saturation du site sont à éviter.

Nombre de crypto-monnaies

Le nombre de crypto-monnaies proposées est également un critère de choix. Si les brokers ne proposent que le Bitcoin ou éventuellement l’Ethereum ou le Litecoin, on attend d’une plateforme la possibilité d’acheter une palette beaucoup plus large de monnaies contre des euros.

Bitfinex

La plateforme a été créée en octobre  2012 ou en avril 2013. La plateforme communique peu sur son histoire.

C’est principalement une plateforme d’échange de crypto-monnaies. En effet, Bitfinex n’accepte que les dollars comme monnaie fiat.

Sa clientèle est fortement américaine, mais également russe et chinoise.

20 crypto-monnaies sont échangeables : Bitcoin, Bcash, Ethereum, Iota, BTG, NEO, Litecoin, EOS, Dash, Zcash, Monero, Ethereum Classic, Ripple, OmiseGO, Santiment, ETP, Qtum, Streamr, Eidoo, and Aventus.

Pour l’achat par virement en dollars, les frais sont de 0.10% du montant du virement, avec un minimum de 20 dollars. Les frais sont peu élevés sur les transactions de monnaies, 0.20% pour un échange taker (preneur du prix de marché) et 0.10% pour un échange maker (fabrication du prix avec un ordre limite par exemple). Le trading avec effet de levier (x3.3) est possible.

L’interface est paramétrable.

A noter que Bitfinex a été hacké en 2016 : 72 millions de dollars ont été volés sur la plateforme. Le cours du Bitcoin avait chuté de 20% suite à cette annonce. Bitfinex a annoncé avoir remboursé tous ses clients en avril 2017 et a fermé son site aux Etats-unis. Elle a créé une autre plateforme d’échange, totalement  décentralisée, sur Ethereum dont le nom est Ethfinex.

Cex

Cex a été créé en 2013 comme le premier fournisseur cloud de minage de Bitcoins puis s’est transformé en plateforme d’échange.

Il est possible d’acheter des bitcoins avec des euros, des dollars, des livres anglaises et des roubles (la clientèle russe représente 7% des échanges).

L’achat peut se faire par carte bancaire (commission de 3.5%) ou par virement (pas de commission). Les langues proposées sont l’anglais mais aussi l’italien, le portugais, l’espagnol, le russe.

IL est ensuite possible d’échanger ses bitcoins contre d’autres crypto-monnaies avec une commission maximum de 0.20%.

Il est également possible de faire des trades avec effet de levier x3 sur certaines paires de monnaies (BTC/USD, BTC/EUR, ETH/BTC, ETH/USD)

Un support 24/7 est disponible. L’interface est claire et facile d’accès.

Changelly

Site créé en 2015 par l’équipe de minergate (minergate est un site permettant le minage de crypto-monnaies). Son dirigeant est Konstantin Gladych et l’entreprise emploie une quinzaine de personnes. Cette plateforme est la seule référencée sur coinmarketcap.  .

Il est possible d’acheter des crypto-monnaies contre l’euro ou le dollar. Toutefois, l’achat est relativement cher : au 25 novembre, 1 Bitcoin était vendu 7646 € alors qu’il cotait 6931 € sur Kraken.

86 crypto-monnaies peuvent être achetées, ce qui est un nombre très important par rapport à d’autres plateformes. Les frais d’échange sont de 0.5% à l’achat et à la vente.

La protection est renforcée avec 2 facteurs d’identification. Les ordres sont exécutés rapidement (entre 5 et 30 minutes).

11 langues sont proposées sur le site. Un support est disponible via email.

Kraken

Créé en 2011 par Jesse Powell, l’actuel dirigeant, c’est une plateforme basée à San Francisco.

Le site web kraken reçoit plus de 400 000 visiteurs par jour. Ses clients sont principalement américains mais aussi français et allemands. Le site est visité via les ordinateurs (62% du traffic) et les mobiles (38%).

Il est possible d’acheter des crypto-monnaies avec 5 monnaies fiat : l’euro, le dollar US, le dollar canadien, le yen, la livre anglaise. L’alimentation du compte se fait uniquement par virement bancaire.

15 crypto-monnaies sont disponibles : Bitcoin, Ethereum, Monero, Dash, Litecoin, Ripple, Stellar, Ethereum classic, Augur tokens, Iconomi, Melon, Zcash, Dogecoin, Tether, Gnosis et EOS.

Le tarif pratiqué pour les échanges dépendent des paires de monnaie. Il sont en général de 0.16% (taker ou preneur de prix) et de 0.26% (maker ou fabricant de prix par l’intermédiaire d’un ordre limite par exemple).

La sécurité est assez élevée avec une authentification à 2 facteurs. L’inscription est gratuite pour découvrir le site. Il existe un système de palier de renseignements à 4 niveaux : plus les renseignements fournis sont détaillés, plus le dépôt maximal est élevé, plus le montant des transactions peut être important.

Si Kraken n’a jamais eu d’incident majeur de sécurité, en juillet 2016 plusieurs utilisateurs se sont plaints d’avoir été hackés. Kraken a déclaré que les utilisateurs touchés n’avaient pas utilisé la protection à deux facteurs.

Kraken donne des adresses publiques pour déposer les crypto-monnaies dans les comptes mais garde pour elle les clés privées : il faut donc faire confiance à leur honnêteté et à leur capacité à garder les crypto-monnaies en sécurité.

Les frais d’achat varient en fonction du volume, de 0.1% à 0.35%. Pour les échanges entre crypto-monnaies, les frais s’étalent de 0.05% à 0.75%.

L’interface, en anglais, n’est pas toujours très claire pour les débutants.

Livecoin

Livecoin est un site anglais créé en 2013 par Delta-commerce LTD avec une forte clientèle russe (21%) et ukrainienne (9%). Une vidéo en russe guide les premiers pas des débutants.

Le rouble, l’euro et le dollar et le rouble permettent d’acheter des crypto-monnaies.

Une centaine de crypto-monnaies sont disponibles à l’achat.

Les moyens de paiement sont diversifiés : Virement SEPA et également Payeer, Okayperfectmoney, Capitalist,AdvCash avec  des frais fixes ou variables selon le type de paiement.

9 langues sont proposées par l’interface dont le français.

La vérification d’identité n’est pas explicitée sur le site. Elle n’est demandée que pour les achats par virement.

Conclusion

La plateforme Kraken arrive en tête : c’est celle qui a le plus de trafic mensuel, la plus fiable, la plus ancienne également. Elle propose un bon nombre de crypto-monnaies (15) parmi les plus courantes. Son tarif est raisonnable.

Livecoin vient en 2ème position. Les tarifs sont intéressants. Cette plateforme propose un nombre très important de crypto-monnaies (100). Sa clientèle est principalement russe et il n’y a pas toujours de vérification d’identité, ce qui peut être un avantage pour certains.

Bitfinex est également une plateforme intéressante en termes de tarifs. Le trafic mensuel est important. Toutefois, elle a été bannie en mars 2017 du système américain avec sa société sœur, la crypto-monnaie Tether. Beaucoup de questions restent sans réponse sur la bonne santé financière de ce groupe. Elle est aussi accusée d’opérations frauduleuses et de manipulations de marché.

Les plateformes d’échange de crypto-monnaies

Ce sont des plateformes qui permettent d’échanger des Bitcoins contre d’autres crypto-monnaies mais qui n’acceptent pas les monnaies fiat. Nous avons sélectionné 3 grandes plate-formes mondiales, américaines et anglaises et avons écarté les 3 grandes plateformes chinoises (OKCoin, BTCChina et Huobi) qui sont plus ou moins interdites en Chine mais qui semblent fonctionner encore. ..

Bittrex

Bittrex est une plateforme basée à Seattle aux Etats-unis, créée par des professionnels de la sécurité depuis l’affaire Mtgox (piratage de 850 000 bitcoins sur une plateforme japonaise). Si elle n’a jamais fait l’objet de piratages, certains utilisateurs se sont plaints de s’être fait voler leur login et leur mot de passe. Il est donc nécessaire de mettre en place une authentification à 2 facteurs après l’inscription.

Le trafic est estimé à 24 millions de sessions par mois (Alexa 08/2017) avec 580 000 visiteurs par jour.

C’est une plateforme qui ne permet d’échanger que des Bitcoins contre d’autres crypto-monnaies.

Les dépôts ne sont pas facturés. Les  frais de transaction sur chaque échange sont de 0.25% auxquels il faut rajouter des frais fixes selon la crypto-monnaie utilisée (0.1% pour le Bitcoin)

700 crypto-monnaies sont disponibles.

La plateforme est facile d’utilisation une fois prise en mains.

Poloniex

Poloniex est une plateforme de négociation de crypto-monnaies basée dans le paradis fiscal des Etats-unis, le Delaware. Elle est née en janvier 2014. Son fondateur et dirigeant est Tristan D’Agosta.

C’est la première plateforme de trading de crypto-monnaies au monde en termes d’échange avec plus de 80 monnaies disponibles. Le trafic est estimé à 38 millions de sessions par mois (Alexa, 08/2017) avec 400.000 visiteurs par jour.

Le seul moyen de paiement sur le site Poloniex est le Bitcoin

Poloniex pratique un  tarif de transaction taker (si l’ordre existe déjà dans l’orderbook) de 0.25% et un  tarif maker (si l’ordre doit être créé dans l’orderbook) de 0.15%. Ces 2 tarifs sont applicables jusqu’à 600 Bitcoins échangés puis dégressifs si les quantités échangés augmentent.

L’interface est en anglais et est bien sécurisée. Il existe un support de tchat pour toutes questions.

Hitbtc

C’est une plateforme  créée en 2013 par Beta Business Solutions, destinée à devenir une plateforme mondiale. Elle fournit des services commerciaux aux commerçants.

Les dépôts sont gratuits. Les retraits ont des tarifications différentes selon la monnaie. Par exemple, pour le Bitcoin, la taxe est de 0.00085 Bitcoin. La tarification des échanges est particulièrement compétitf :  0.01% (tarif maker) ou 0.1% (tarif taker).

Une trentaine de crypto-monnaies sont disponibles et certaines nouvelles crypto-monnaies ne sont disponibles que sur cette plateforme. Ces nouvelles monnaies se révèlent être bien souvent des « shitcoins », c’est-à-dire des monnaies sans avenir.

Aucun système d’identification de type KFC (Know Your Customer)  n’existe sur cette plateforme, elle est anonyme.

La plateforme demande un temps d’adaptation pour la prise en mains. Un support est disponible 24/7.

Conclusion

Ce sont 3 plateformes qui n’acceptent pas de monnaie fiat. Les tarifs sont compétitifs (avantage à HitBtc) et le choix des monnaies est très large (avantage à Bittrex).

Une nouvelle plate-forme décentralisée : Lacalbitcoins

C’est une plateforme d’échange particulière : c’est une place publique mettant en relation acheteurs et vendeurs qui souhaitent réaliser une transaction comme le site Leboncoin. Ce sont eux qui fixent le prix contrairement aux plateformes d’échange qui affichent des carnets d’ordre. Il est ainsi possible d’acheter des Bitcoins auprès de vendeurs situés dans la même ville que l’acheteur.

Avantages : Il est possible d’acheter des bitcoins avec tous les moyens de paiement possibles : virement, carte bancaire, paypal… D’autre part, le site a une interface en français. Il a bonne réputation.

Inconvénient : il est possible d’avoir un interlocuteur non fiable car la carte d’identité n’est pas exigée pour faire une transaction. Il est donc nécessaire de vérifier sa réputation. Les vendeurs sont évalués comme sur le site Ebay. Les frais sont élevés, 1%. Seul le Bitcoin peut être acheté.

Localbit travaille sur un distributeur de Bitcoins moyennant une commission de 1%.

Localbit peut se révéler une solution intéressante sur le long terme. Toutefois, l’inconvénient reste le manque de liquidités et le risque de manque de fiabilité de l’interlocuteur.

 

3 comments on “Bitcoin, crypto-monnaie : Faut-il investir ?

  1. Adele dit :

    Bonjour,

    Un excellent article sans doute le meilleur pour comprendre les crypto monnaies.

    Merci Nicolas.

  2. Laurence Vélin dit :

    Bonjour,
    Meilleurs Voeux pour cette Nouvelle Année et toujours le plaisir de vous lire car bravo pour votre travail de recherches, merci.
    Par avance merci

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